La Journée internationale des femmes célèbre chaque année les contributions et l’expérience vécue des femmes – des histoires qui passent trop souvent inaperçues. C’est le moment de renouveler notre engagement à démanteler les structures qui perpétuent les inégalités de pouvoir et les privilèges. Le Fonds mondial célèbre aujourd’hui les femmes dans toute leur diversité et promet de soutenir les innombrables formes de contribution qu’elles apportent à la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme et à la mise en place de société en meilleure santé.
IMAGE DE COUVERTURE : Au camp de Dosseye, au Tchad, des femmes réfugiées dirigent les activités de prévention du VIH. Elles passent de tente en tente dans les différents camps afin d’inciter leurs occupants à demander un dépistage volontaire du VIH. Les samedis, elles organisent des représentations théâtrales pour informer les réfugiés à propos de la maladie, parler du rejet social et des légendes fantaisistes qui entourent la maladie, ou encore évoquer la nécessité de se faire soigner par un médecin. Près de 16 000 personnes vivent dans le camp de Dosseye et le Fonds mondial collabore avec le HCR pour offrir un traitement aux réfugiés vivant avec le VIH. (Robin Hammond / NOOR pour le Fonds mondial)
En Thaïlande, les travailleurs migrants sont souvent cantonnés aux emplois « sales, dangereux et difficiles ». Ils prêtent le flanc à l’exploitation et peuvent se montrer méfiants lorsqu’il s’agit de demander des services de santé. La fondation MAP, partenaire du Fonds mondial, informe les migrants de leurs droits et des modalités d’accès à ces services essentiels. Des programmes radiophoniques diffusés dans la langue des migrants sont une façon originale de communiquer avec eux. C’est ainsi que Jamporn présente une émission dans sa langue maternelle, le shan, pour d’autres migrants venant du Myanmar. L’attention des auditeurs est maintenue grâce à de la musique et à des programmes ludiques qu’elle parsème des renseignements à propos du VIH et de la tuberculose conçus spécialement pour les personnes qui n’ont pas le temps d’assister à des séances d’information.
Caroline Ndimadji a abandonné son commerce florissant de vente de millet pour sauver des vies dans sa communauté. Elle est la première et unique femme agente de santé communautaire à Diyei, une communauté rurale du sud du Tchad. « Protéger et sauver la vie d’une personne vaut bien plus que les revenus que j’avais. Si les enfants et les parents sont en bonne santé, la communauté se porte bien et les familles peuvent économiser de l’argent et le consacrer à autre chose. »
Les efforts fructueux déployés par les agents de santé communautaires en matière de maîtrise et de prévention du paludisme ont contribué à réduire fortement le nombre de cas dans la région du Logone, l’une des plus touchées du Tchad. En tant que soignants et éducateurs, leur rôle est essentiel pour mettre fin au paludisme dans les zones rurales.
Pimthidapat Setthakit est une éducatrice paire transgenre à Chiang Mai, en Thaïlande, où elle travaille avec la fondation MPlus, partenaire du Fonds mondial. « Étant moi-même dans la situation, je connais très bien le comportement des femmes transgenres. Je connais la vie nocturne et je veux expliquer à mes amies comment être en sécurité ou quoi faire si elles sont séropositives au VIH. » MPlus offre aux membres des populations-clés comme Pimthidapat un lieu sûr et des services de santé dépourvus de toute forme de rejet social. Cela s’inscrit au cœur des efforts déployés pour promouvoir une meilleure connaissance du VIH et protéger les droits humains.
À 24 ans, Shakira Ndagire vit à Kampala, en Ouganda, où elle est travailleuse du sexe depuis l’âge de 13 ans. Elle a réussi l’exploit de rester séronégative au VIH dans un pays où un travailleur du sexe sur trois est séropositif. Pour y parvenir, elle a fait de la prévention au VIH une constante dans sa vie. Elle emploie des préservatifs, une prophylaxie pré-exposition et d’autres outils de prévention du VIH qu’elle obtient auprès d’un centre destiné aux populations à haut risque de l’hôpital de Mulago, à Kampala. Ce centre est soutenu par le Fonds mondial et d’autres partenaires.
« Cooper » vient chercher un soutien communautaire et des informations sanitaires au centre d’accueil du Réseau thaïlandais des consommateurs de drogues de Chiang Mai, en Thaïlande. « Je crois que cet endroit donne aux gens une chance de changer », explique Cooper qui envisage d’y devenir conseillère. « Être acceptés leur permet de réfléchir la façon dont ils veulent vivre leur vie ». En se débarrassant du rejet social auquel les consommateurs de drogues sont souvent confrontés dans des établissements de soins classiques, ces centres permettent de freiner la propagation du VIH.
C’est à des militantes communautaires comme Heltira Mumin que l’Inde doit les progrès impressionnants qu’elle a réalisés contre le paludisme ces dernières années. Connue sous le nom d’ASHA, l’acronyme anglais pour « militants accrédités en santé sociale », cette armée composée principalement de femmes forme un lien vital entre les populations rurales et le système de santé publique. En tant que bénévoles formés aux questions sanitaires, ils se rendent dans les villages et proposent des services de soins et d’éducation à la prévention autour de toute une série de questions de santé, comme la santé reproductive et sexuelle, le paludisme, la tuberculose et d’autres affections. Heltira et les autres agentes de sa communauté sont également des exemples pour les jeunes filles de nombreux villages.
Au Belarus, plus de 38 pour cent des nouveaux cas de tuberculose résistent aux médicaments. Cette forme de la maladie peut se soigner, mais les médicaments ont des effets négatifs difficiles à supporter et le traitement peut durer jusqu’à deux ans. Les patients sont isolés par crainte du rejet social lié à la tuberculose et se trouvent souvent dans l’incapacité de travailler ou d’aller à l’école. À Minsk, des bénévoles de la Croix-Rouge apportent un appui aux patients tuberculeux sur le chemin qui leur rendra la santé. « On noue des liens émotionnels avec les patients que l’on soutient. Souvent, ils veulent simplement engager la conversation. Ils sont seuls et ont juste besoin d’une personne à qui parler », explique Lidya (au milieu). Le chemin qui va du diagnostic à la guérison n’est pas facile à suivre pour les patients, mais rien ne les oblige à le parcourir seuls. Le Fonds mondial soutient les professionnels de la santé, les agents de santé communautaire et des bénévoles dévoués qui, au Belarus et partout dans le monde, offrent une planche de salut bien nécessaire quand les choses se corsent.
Yalfal vivait dans les rues d’Addis-Abeba, en Éthiopie, quand une agente de santé communautaire l’a trouvée. On l’a conduite dans un centre de santé où elle a appris qu’elle était enceinte. Le diagnostic est également revenu positif pour le VIH. « En tant que femme, quand vous vivez dans la rue, vous appartenez à tout le monde », explique Yalfal. Guidée par les agentes de santé communautaire, elle a été mise sous traitement pour ne pas transmettre le VIH à son enfant et a reçu de l’aide pour trouver un logement. On l’a aussi mise en contact avec un groupe de soutien pour les mères qui aide les femmes de la communauté à préserver leur santé et à prévenir la transmission du VIH à leurs enfants. Appelé Yhim – ce qui signifie « ce moment passera » –, le bébé a aujourd’hui huit mois et est toujours séronégatif. « Cet enfant, c’est mon espoir. Il m’a beaucoup apporté – des gens autour de moi, une maison, une communauté, une famille ».
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