Dans les communautés du monde entier, les femmes sont aux avant-postes de la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, en mettant tout en œuvre pour que chacun soit en bonne santé. Elles représentent près de 70 pour cent des agents de santé communautaires dans le monde, mais bien souvent, leurs contributions sont trop peu reconnues et leur rémunération insuffisante.
À l’occasion de cette Journée internationale des femmes, le Fonds mondial célèbre les contributions et les expériences des agentes de santé communautaires qui fournissent des services et des soins de santé vitaux aux personnes et dans les zones qui en ont le plus besoin et qui sont souvent les plus difficiles à atteindre.
Inde
Upasana est en première ligne de la lutte que mène l’Inde pour vaincre la tuberculose. Agente de santé communautaire bénévole, Upasana travaille aux soins ambulatoires de l’hôpital de Sonipat, au nord de Delhi. Elle se fraie un chemin entre les files de personnes dans la salle d’attente encombrée – en majorité des femmes vêtues de saris colorés –, et identifie celles présentant des symptômes de la tuberculose. Lorsqu’elle soupçonne une personne d’être infectée par la maladie, elle l’accompagne au service antituberculeux pour accélérer le diagnostic et la mettre rapidement sous traitement.
La tuberculose se transmet d’une personne à l’autre par la toux et les éternuements, de sorte que le risque de transmission est réduit si l’on met rapidement les patients sous traitement. « Les gens viennent à l’hôpital avec des nombreuses maladies. J’explique les symptômes de la tuberculose et dis aux gens de revenir avec leurs proches s’ils présentent des symptômes », explique Upasana.
L’Inde est le pays le plus touché par la tuberculose dans le monde, mais elle s’est engagée à mettre un terme à l’épidémie d’ici 2025. Les efforts déployés pour trouver et traiter les personnes vivant avec la tuberculose font apparaître des progrès remarquables.
Sylvie Ouedraogo sauve des vies sur sa bicyclette. Le paludisme est la première cause de décès chez les enfants de moins de 5 ans au Burkina Faso. Lorsque la saison des pluies arrive, Sylvie et les autres agents de sa communauté montent sur leur bicyclette et vont frapper de porte en porte pour administrer les antipaludéens aux jeunes enfants des zones rurales. Sylvie s’assure que tous les enfants des villages dans lesquels elle se rend prennent le traitement. Dès qu’elle a terminé avec une maison, elle fait une marque à la craie sur la porte, remonte en selle et pédale jusqu’à la suivante.
« J’adore voir les enfants grandir en bonne santé », explique Sylvie, 29 ans, dont les enfants sont âgés de dix, cinq et trois ans. Les médecins disent que la chimioprévention du paludisme saisonnier a considérablement réduit les cas de paludisme et d’anémie chez les enfants de moins de cinq ans. Il s’est avéré que l’administration d’un traitement antipaludique offrait aux enfants de moins de cinq ans une protection de 75 pour cent contre les formes simple et grave du paludisme.
Venantia Nyiraneza, une agente de santé communautaire dans le district de Gisagara, est arrivée chez Donata Muhawenimana – une jeune femme enceinte de huit mois de son premier enfant – pour s’assurer que sa grossesse se déroulait bien.
Venantia rend visite aux femmes enceintes de son village, leur transmet les renseignements dont elles ont besoin pour gérer leur grossesse tout en leur conseillant de se rendre dans un centre de santé pour l’accouchement ou avant en cas de complications. Elle fait partie des 58 000 agents communautaires du Rwanda qui dispensent des soins de santé directement à domicile dans les communautés rurales mal desservies. Ces agents de santé ont transformé la manière de dispenser les soins de santé au Rwanda, faisant des communautés de véritables acteurs de leur propre santé.
Les avancées du Rwanda en matière de santé comptent parmi les plus spectaculaires au monde. Depuis 1990, la mortalité des enfants de moins de cinq ans a diminué de deux tiers et la mortalité maternelle de trois quarts, et le pourcentage de femmes qui accouchent dans un centre de santé est passé de 40 pour cent à plus de 90 pour cent aujourd’hui.
Shanta Islam connaît les rues de Dhaka comme sa poche. Agente de santé communautaire, Shanta se rend au domicile des familles pauvres pour s’assurer que les personnes vivant avec la tuberculose prennent leur traitement. Elle oriente également les cas suspects vers le centre de diagnostic, où ils peuvent bénéficier d’un traitement gratuit, et elle sensibilise à la nutrition et à l’hygiène.
L’armée d’agents de santé communautaires qualifiés du Bangladesh joue un rôle clé dans la chasse que le pays mène pour trouver les cas « manquants » de tuberculose – les personnes qui n’ont été ni dépistées, ni traitées, ni signalées. Habillée de son pardessus violet, Shanta est perçue par les voisins comme un ange gardien. « La tuberculose est une maladie de la pauvreté, dit Shanta. J’ai envie de contribuer à la bonne santé de ces personnes. »
Île par île, village par village, Chatrine Bagoewis et les autres agentes de santé communautaires d’Indonésie combattent un ennemi redoutable : le paludisme. Au cours d’une campagne de lutte contre la maladie dans la zone rurale de Sumatra, Chatrine a prélevé des échantillons de sang, distribué des moustiquaires aux familles et conseillé les parents sur la manière de tenir à distance les moustiques vecteurs du paludisme. Cela représentait un travail colossal, mais l’infatigable Chatrine finissait sa journée avec le sens du devoir accompli.
« Nous devons être vigilants, indique-t-elle en souriant. Les femmes enceintes et les bébés sont notre priorité, parce qu’ils sont les plus vulnérables. »
L’Indonésie a réalisé d’importantes avancées dans la lutte contre le paludisme. La moitié des districts du pays sont exempts de paludisme et les autorités ont la ferme intention d’éliminer la maladie. Le personnel des posyandus, ou postes de santé communautaires, est constitué presque exclusivement de femmes qui sont formées pour fournir un éventail de services allant des soins de santé maternels et infantiles à la planification familiale, en passant par la vaccination, la nutrition et le traitement de la diarrhée. Elles jouent un rôle essentiel dans l’amélioration de l’accès aux soins de santé dans les zones rurales.
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