Dans le domaine de la santé mondiale, ce sont souvent les femmes qui font la différence entre une communauté qui vient à bout des maladies et une communauté qui n’y parvient pas. Partout dans le monde, les activités du partenariat du Fonds mondial sont principalement dirigées par des femmes qui remettent en cause les normes de genre et les normes sociales actuelles, autonomisent les communautés et sauvent des vies. La Journée internationale des femmes permet de leur rendre hommage. Elles combattent courageusement, sans relâche, les trois maladies les plus mortelles au monde – le VIH, la tuberculose et le paludisme – et sont à présent en première ligne dans la lutte contre la pandémie de COVID-19.
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Mulolwa Feza
Très jeune, Mulolwa Feza vouait déjà une profonde admiration aux médecins. Aujourd’hui, elle fait partie de ces médecins. Elle dirige le centre de santé Muungano de Goma, en République démocratique du Congo. La plupart des patients qui se présentent au centre Muungano souffrent du paludisme, mais elle rencontre également des gens touchés par le VIH et la tuberculose, et des victimes de violence. La pandémie de COVID-19 a eu un fort impact sur le travail de Feza : « Les gens ont peur de venir au centre parce qu’ils craignent de recevoir un diagnostic de COVID-19. Le nombre de visiteurs a donc largement chuté. » Elle consacre maintenant une bonne partie de son temps à sensibiliser sa communauté aux risques de ne pas recourir à l’aide médicale, en particulier pour des maladies potentiellement mortelles.
Amanda Dushime
« Nous ne sommes pas que des numéros ou des statistiques. Nous existons. Nous sommes là ! » a déclaré Amanda Dushime, une jeune femme vivant avec le VIH, lorsqu’elle est apparue aux côtés du président français, Emmanuel Macron, à la sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial qui s’est tenue à Lyon, en 2019. Elle était alors âgée de 18 ans.
Amanda, qui s’est vu diagnostiquer le VIH à l’âge de 11 ans, parlait au nom des jeunes vivant avec le VIH dans le monde entier : « Nous ne réclamons rien de plus que le respect de nos droits. Tout simplement, le droit de vivre et d’espérer un avenir. » Amanda est ambassadrice du réseau « Grandir ensemble ».
Bazarragchaa
Bazarragchaa est coordonnatrice de l’étude clinique STREAM au National Center for Communicable Disease d’Ulaanbaatar, en Mongolie. L’an dernier, elle a participé à la rencontre du dialogue au niveau du pays sur la tuberculose organisée par l’instance de coordination nationale de Mongolie, qui a donné lieu à la mise sur pied de la demande de financement du pays au Fonds mondial.
« Nous devons changer le paradigme. Il ne faut pas continuer à faire ce que nous faisons depuis tant d’années. Nous sommes la base. Nous connaissons les besoins des patients et des cliniciens. »
"Kiki"
Kiki, une femme transgenre résidant à Yaoundé, au Cameroun, vit avec le risque constant de subir des violences et de se faire arrêter. La stigmatisation associée au fait d’être transgenre est un autre défi qu’elle vit au quotidien. Malgré ces obstacles, Kiki travaille et plaide pour protéger les droits des personnes de sa communauté. « Si aujourd’hui nous – en tant que communauté transgenre – en sommes là, cela signifie que demain, la situation pourrait être meilleure », affirme Kiki.
Les inégalités, la stigmatisation, la discrimination et la marginalisation sont des obstacles qui bloquent l’accès aux soins de santé et qui aggravent les conséquences des maladies comme le VIH et le COVID-19. Kiki met tout en œuvre pour donner des moyens à sa communauté et pour lever les obstacles dans l’accès aux soins de santé.
"Gogo"
Gogo est guérisseuse traditionnelle. Elle est aussi militante et agente de proximité engagée dans la lutte contre le VIH et pour les droits des femmes. Elle a créé le centre sud-africain des femmes ambassadrices positives dans deux petites remises en bois à côté de sa maison de KwaGudukazi, dans la périphérie de Durban. Bien connue dans la communauté rurale dans laquelle elle vit et travaille, elle est également une porte-parole de premier plan de la société civile lors de conférences. « Je m’intéresse de près au problème de la violence fondée sur le genre et je travaille avec la communauté pour tenter de mettre fin à ces comportements néfastes. À présent, même les hommes viennent me voir avec des questions sur le viol. »
Dilma Montero Guallani
Dilma Montero Guallani est bénévole dans la lutte contre le paludisme au fin fond de la région de l’Amazone, en Bolivie. Elle a été formée pour offrir des services de diagnostic et de traitement précoces contre le paludisme dans un poste sanitaire communautaire. Son rôle est vital : en Bolivie, 98 % des cas de paludisme surviennent dans la région de l’Amazone. « Les gens viennent même parfois la nuit. Je dois être prête quand ils arrivent. Je suis fière d’aider ma communauté ! » affirme-t-elle. La mise en place de ces postes sanitaires communautaires a permis à des gens comme Dilma de devenir des leaders dans leur communauté.
Nombasa Krune-Dumile
Nombasa Krune-Dumile est agente de santé en première ligne au Cap, en Afrique du Sud. Elle vit avec le VIH. Après avoir vaincu la tuberculose et le COVID-19, elle est de retour sur le terrain pour aider les autres à vaincre les trois maladies. « Les gens qui vivent avec le VIH et la tuberculose ont vu l’arrivée du COVID-19 comme la fin de leur vie. » souligne Nombasa. Selon elle, le COVID-19 a anéanti les systèmes de santé et bouleversé les activités habituelles de son travail. Elle appelle les gouvernements et les partenaires de la santé mondiale à agir de toute urgence : « Les professionnels de la santé ont besoin de formation et de plus d’équipements de protection individuelle pour se protéger et protéger leurs familles contre la pandémie de COVID-19. Cette aide est nécessaire immédiatement. »
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