La communauté internationale a réduit de moitié le nombre de décès liés au sida depuis le pic de 2005. Pourtant, dans bien des pays, les taux d’infection à VIH restent extrêmement élevés parmi les populations-clés et chez les adolescentes et les jeunes femmes. À l’échelle mondiale, près 1000 filles et jeunes femmes contractent le VIH chaque jour.
En Afrique du Sud, le pays le plus durement touché par l’épidémie de VIH, les femmes âgées de 15 à 19 ans courent huit fois plus de risques de vivre avec le VIH que les hommes de leur âge.
À l’occasion de cette Journée mondiale de lutte contre le sida, nous mettons en lumière des adolescentes sud-africaines comme Zandile, Sinazo, Axola, Carol et Mivuyo – des jeunes femmes qui grandissent à l’épicentre de l’épidémie de VIH.
« Une amie d’enfance est née avec le virus. Je me rappelle qu’on me disait de faire attention quand je jouais avec elle, quand je partageais mes couverts avec elle et d’autres choses encore. Au cours de ses deux premières années d’études secondaires, elle n’allait pas bien du tout et a dû abandonner l’école.
En ce qui me concerne, le fait que les filles d’Afrique du Sud courent huit fois plus de risques que les garçons de vivre avec le VIH me rend triste et, dans une certaine mesure, me déçoit. C’est pourtant notre réalité. Pour y remédier, il faudrait essayer d’éduquer les garçons et les filles à propos du VIH et de la façon d’éviter le virus, et tout particulièrement d’amener les filles à comprendre qu’elles ont parfaitement le droit de refuser des rapports sexuels non protégés et d’inculquer aux garçons l’idée qu’ils ne peuvent pas se sentir autorisés à les demander.
Pour l’avenir, j’espère devenir une meilleure version de moi-même, ne jamais décevoir mes parents et tenter par tous les moyens d’atteindre les objectifs que je me suis fixés. Un jour, je voudrais être journaliste pour présenter les informations économiques. Du côté sportif, j’aimerais participer un jour à la Ligue diamant et, une fois dans ma vie, courir le 60 mètres en moins de 11 secondes. »
« J’ai perdu ma maman à cause du sida quand j’avais 9 ans. À l’époque, elle ne connaissait rien du virus, mais elle entendait les ragots des gens du voisinage à propos de son état de santé.
C’est une triste réalité de notre société patriarcale, mais l’une des conséquences déchirantes que nous devons admettre, c’est que beaucoup de nos jeunes filles n’ont absolument PAS voix au chapitre à propos de ce qu’elles veulent. Dans tout le pays, il faudrait informer les femmes au sujet du VIH et du sida, et aussi leur donner davantage d’autonomie en matière de droits. »
« Le VIH a frappé deux femmes extraordinaires qui me sont particulièrement chères. Mes deux tantes ont été infectées à leur insu par leur partenaire. La première a caché son statut sérologique pendant des années par crainte de ce que cela entraînerait pour ses enfants et sa famille s’ils l’avaient appris. Elle craignait aussi le rejet social et avait peur d’être ridiculisée par les membres de sa communauté.
On ne peut qu’être découragés de voir autant de jeunes femmes exposées au VIH. Il faudrait une plus grande prise de conscience du virus dans les médias sociaux et à l’école. Il faudrait encourager les parents à éduquer les enfants à propos des questions relatives au sexe et au VIH, mais aussi aux dangers qu’ils pourraient courir. Il faudrait davantage discuter de la façon dont les hommes profitent des femmes qui sont dans des situations désespérées ou réduites à la pauvreté. Il faudrait mettre en place des plans pour en finir avec des choses comme la culture du viol et tous les abus commis contre les femmes, car ce ne sont là que quelques-uns des nombreux chemins que la maladie prend pour se propager.
Je veux travailler avec différentes organisations pour sensibiliser davantage au VIH et créer un lieu sûr pour celles et ceux qui sont déjà infectés et pour donner aux personnes qui ont encore peur les moyens de prendre la parole et de se faire soigner. »
« Le VIH a touché une personne très proche de moi. On a diagnostiqué le virus à ma tante quand j’étais à l’école primaire. Je me rappelle à quel point il a été difficile d’accepter tout cela simplement à cause des fausses informations et des stéréotypes qui, je le savais, entouraient les porteurs du virus. Pendant tout un temps, je me suis mise à la regarder différemment. C’était une expérience pénible pour toute la famille.
Il est très troublant d’apprendre que les filles et les femmes sont tellement vulnérables face à l’infection à VIH – il faut absolument faire quelque chose pour que ça change. Il faudrait davantage éduquer les filles et leur montrer des moyens de se protéger et de connaître les dangers et les conséquences auxquelles elles s’exposent en ne prenant pas les précautions voulues.
J’espère réussir en tant que femme noire et atteindre les objectifs essentiels que je me suis personnellement fixés. Cela veut dire obtenir un diplôme, partir quelque temps à l’étranger et devenir un nom connu dans l’industrie cinématographique et des médias. »
« Quelqu’un de ma famille a vraiment souffert du VIH. Ça m’a affectée et ça m’a fait prendre la mesure du virus. En fait, j’ai vraiment appris à aimer et à respecter les personnes porteuses du virus du VIH.
Je suis un peu inquiète parce que le VIH nous tue, nous, les jeunes Sud-Africains. Je crains que cela ne touche la prochaine génération.
J’espère qu’en tant que jeune génération, nous sommes suffisamment informés à propos du VIH et que nous pourrons faire les bons choix, ceux qui nous aideront un jour. J’ai bien l’intention de vivre ma vie au maximum et de faire ce que j’aime et ce qui me rend heureuse. »
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