À Rusesa, village tanzanien de la région de Kigoma, des habitants – essentiellement des femmes et des enfants – sont réunis pour organiser la lutte contre la créature la plus mortelle du voisinage : le moustique.
Les moustiques harcèlent les villageois dans les fermes, au sein des foyers et jusque dans leur lit. Chacun des 64 millions de Tanzaniens court le risque de contracter le paludisme. Les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans sont particulièrement vulnérables.
Guidées par des agents de santé communautaires qui, de porte en porte, sensibilisent la population aux méthodes de destruction ou d’éloignement des moustiques, les communautés du pays organisent la riposte.
Neema Vulugu est l’une de ces agentes et agents de santé communautaires. C’est elle qui a convoqué la réunion à Rusesa, pour présenter des moyens efficaces de prévention du paludisme et de traitement des malades.
Neema accompagne 178 foyers dans la lutte contre le paludisme et d’autres maladies. Cela consiste notamment à enseigner aux femmes enceintes à repérer les signes du paludisme et à savoir quand un traitement est nécessaire, à distribuer des moustiquaires en veillant à ce que les familles apprennent à les utiliser correctement, et à aider les habitants à se faire tester et à suivre un traitement s’ils sont infectés.
Neema sait que pour l’emporter sur le paludisme, toute la communauté doit être mobilisée. C’est pourquoi elle s’efforce tout particulièrement d’amener chacun à participer au combat contre la maladie. Son appel a été accueilli avec enthousiasme par la communauté.
Les personnes qu’elle croise sur les chemins de terre du village la saluent par des messages antipaludisme :
« ‘Zéro Palu ! Je m’engage.’, c’est comme ça que les habitants m’accueillent à chaque fois qu’ils me voient », dit-elle. « Mes visites me permettent de constater que les gens utilisent très bien les moustiquaires. »
Soutenue par une volonté politique forte et une augmentation des financements nationaux et mondiaux, la Tanzanie a vu le nombre de cas de paludisme passer de 7,7 millions en 2015 à 4,4 millions en 2021, soit une baisse de 43 %. Sur la même période, le nombre de morts a été réduit de 71 %, de 6 311 décès à 1 909.*
Au niveau mondial, des progrès notables ont été réalisés dans la lutte contre le paludisme au cours des deux dernières décennies, faisant reculer le taux de mortalité de 47 % depuis 2002.** Or, après des années de recul constant, on observe actuellement une recrudescence des cas de paludisme et des décès associés, imputable à une stagnation des financements, à de nouvelles menaces et au contrecoup du COVID-19.
* Selon les données fournies par le ministère de la Santé tanzanien. ** Rapport 2022 sur les résultats du Fonds mondial.
Mais le Fonds mondial continue de collaborer étroitement avec le gouvernement tanzanien et d’autres partenaires, notamment l’Initiative du Président des États-Unis contre le paludisme (PMI) et les communautés locales, pour combattre la maladie et atteindre l’objectif du pays.
L’objectif national est de faire baisser la prévalence moyenne du paludisme chez les enfants de moins de cinq ans de 7 % en 2017 à moins de 3,5 % en 2025. Il s’inscrit dans le cadre de l’objectif national général du secteur de la santé de fournir une couverture sanitaire universelle et d’atteindre les objectifs de développement durable liés à la santé d’ici 2030.
En dehors de ses efforts pour lutter contre le paludisme, Neema aide les femmes enceintes à accoucher en toute sécurité, dispense des conseils nutritionnels et informe sa communauté sur la prévention des infections sexuellement transmissibles.
« Le troisième jour de chaque mois, j’apporte mon cahier au centre de santé où se rencontrent tous les agents de santé communautaires des différents hameaux du village. Nous regroupons alors toutes nos informations », explique-t-elle.
Ces informations servent à la prise de décisions clés dans la lutte contre le paludisme et d’autres menaces potentielles pour la santé.
« J’aime mon travail », déclare Neema. « Chaque jour, j’aide à sauver des vies au sein de ma communauté, en particulier des femmes et des enfants. »
Dans les pays où le Fonds mondial investit, on compte quelque deux millions d’agents de santé communautaires comme Neema, en première ligne de la lutte contre des maladies mortelles, qui aident les communautés à se préparer à faire face à de nouvelles menaces pour la santé.
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