MINSK, Belarus — Lorsque la tuberculose frappe, c’est le début d’un long chemin pour les patients. La tuberculose classique « sensible aux médicaments » les oblige à prendre quatre doses d’antimicrobiens par jour pendant au moins six mois. Souvent, les patients commencent à sentir mieux avant la fin de leur traitement, ce qui peut en amener certains à cesser de prendre leurs médicaments. C’est alors que guette le dérapage sur le chemin de la guérison. Cela peut également conduire à une résistance aux médicaments, car la bactérie responsable de la tuberculose n’a pas été éliminée.
Au Belarus, plus de 38 pour cent des nouveaux cas de tuberculose résistent aux médicaments, contre un peu plus de 4 pour cent en moyenne à l’échelle mondiale.
Il est possible de guérir de la tuberculose pharmacorésistante, mais les médicaments de seconde intention sont plus toxiques et peuvent nécessiter jusqu’à deux années de traitement. Cette durée rend le chemin particulièrement tortueux du fait de l’isolement dont souffrent les personnes concernées – par crainte du rejet social associé à la tuberculose ou parce qu’elles sont souvent dans l’incapacité de travailler ou d’aller à l’école. Pourtant, il est essentiel de garder les patients sous traitement pour remporter le combat contre la tuberculose.
À Minsk, des bénévoles de la Croix-Rouge soutiennent les patients sur le chemin du rétablissement.
« Les bénévoles offrent des conseils et un soutien psychosocial par téléphone. Les gens suivent un long traitement et les bénévoles les aident à l’observer et à éviter toute interruption », indique Elena Yashehenko, la psychologue de la Croix-Rouge chargée de les diriger. « Il s’agit également d’établir un lien entre les personnes et les services : vêtements, nourriture ou services d’emploi. Il est courant qu’après six mois d’hôpital, les patients n’aient plus d’emploi. S’il l’on y ajoute 18 mois de traitement, il peut être difficile de trouver du travail avec le rejet social lié à la tuberculose. »
Au cours de ma vie, j’ai pris soin de nombreux proches – mon mari, ma mère et mon père, mon grand-père – et je sais ce que ça implique. Je suis retraitée et mon amie m’a dit que c’était intéressant et supposait beaucoup de contacts avec des personnes qui ont besoin d’un soutien pour cette maladie », explique Lidya Davidchik, bénévole depuis 2016.
« Vous établissez une relation émotionnelle avec les patients que vous soutenez. Souvent, ils cherchent tout bonnement un contact humain. Ils sont seuls et ont simplement besoin de quelqu’un à qui parler. S’ils ont une famille, la guérison est beaucoup plus simple. C’est difficile de conserver la volonté d’aller mieux, surtout pour les hommes seuls, mais nous expliquons qu’abandonner ne signifie rien d’autre que recommencer à zéro. »
« Le principal facteur, c’est la volonté de la personne de guérir », fait remarquer Alexander Nekrash, un patient tuberculeux. « Certains patients ne comprennent pas à quel point il est important de suivre le traitement jusqu’au bout. Les infirmiers doivent se rendre chez eux pour essayer de les ramener, mais certains refusent tout simplement d’aller à l’hôpital. Pourtant, même quand quelqu’un ne veut pas essayer, les infirmiers et les médecins travaillent sans relâche et font de leur mieux pour soigner ces personnes. Le traitement existe, mais une personne doit vouloir guérir. »
Le chemin qui mène du diagnostic à la guérison est semé d’embûches pour les patients tuberculeux, mais ils n’ont pas à le parcourir seuls. Le Fonds mondial soutient les professionnels de la santé, les agents de santé communautaire et des bénévoles dévoués qui, au Belarus et partout dans le monde, offrent une planche de salut bien nécessaire quand les choses se corsent.
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